Avant-Propos

l’effet combattant

AVANT PROPOS

J’ai grandi avec l’idée fixe qu’avoir peur était une faiblesse. Que pour être forte et respectée, il fallait me montrer intrépide, quitte à prendre des paris stupides, juste pour prouver que j’étais capable de tout sans l’ombre d’une crainte.

J’avais tort.

Avec le temps, j’ai compris que ma force résidait dans ma capacité à surpasser mes peurs, sans pour autant les refouler. Aujourd’hui, elles me stimulent, me motivent à repousser mes limites. Je ne crains pas les araignées, ni les serpents ou le noir. Les monstres sous mon lit ressemblent plus à des ombres, des silhouettes inquiétantes, des formes abstraites, menaçantes, des cauchemars ambulants alimentés par des angoisses – parfois irrationnelles, des fantômes qui hantent mon chemin et obscurcissent mon jugement. Et chaque fois que l’un d’eux se dresse devant moi, je frémis. Je tremble comme une feuille. J’ai peur. Je fais un pas en arrière avec la lâche idée de m’avouer vaincue et de battre en retraite vers la facilité et le confort. Mais, refusant de me montrer faible, dans la crainte de me trahir, de ne pas être à la hauteur, je recule pour mieux sauter. Je fais appel à toute ma sagesse, ne cessant de me répéter qu’après la pluie vient le beau temps. Il y a toujours une lumière au bout du tunnel. 

Je veux être grande et forte, je veux pouvoir regarder derrière moi et me dire « j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir », je veux être fière. Je ne veux pas décevoir, je ne veux pas abandonner et je ne veux rien regretter.

Je continue de croire que mes peurs sont un frein à mon accomplissement, mais les affronter la tête haute, prendre le taureau par les cornes, rester droite dans mes convictions, me promet la fierté d’une belle victoire qui me permettra toujours d’avancer et m’aidera à relever les défis de la vie, un jour après l’autre. Chaque challenge devient un bras de fer. Et je veux gagner.

Je n’ai plus peur d’avoir peur.